Les ventouses : ce que c’est, leur déroulé et leurs limites
Cupping, hijama : les cercles violets sur le dos des sportifs. Ce que les études montrent — et le risque infectieux, bien réel, des ventouses avec scarification.
Les ventouses créent une dépression sur la peau à l’aide d’une cloche de verre ou de silicone. Popularisées par les sportifs de haut niveau, elles laissent des marques circulaires caractéristiques. Deux formes coexistent, et elles n’ont pas du tout le même profil de risque : les ventouses sèches et les ventouses humides (hijama), qui impliquent de faire saigner la peau.
Qu’est-ce que la pose de ventouses ?
- Ventouses sèches : la cloche est appliquée, l’air aspiré (par pompe ou par une flamme qui consomme l’oxygène). La peau et les tissus superficiels sont attirés vers le haut. Aucune effraction cutanée.
- Ventouses glissantes : après application d’huile, la cloche est déplacée comme un massage.
- Ventouses humides (hijama) : la peau est d’abord scarifiée (petites incisions), puis la ventouse aspire du sang.
Les marques violettes sont des ecchymoses dues à la rupture de petits capillaires. Elles sont attendues, indolores, et disparaissent en une à deux semaines. Elles ne signent ni « toxines évacuées » ni gravité.
D’où viennent-elles ?
La pratique est très ancienne et transculturelle : médecine chinoise, médecine gréco-romaine, monde arabo-musulman (où la hijama possède une dimension religieuse). Sa popularité récente en Occident doit beaucoup au sport de haut niveau.
Comment se déroule une séance ?
- Interrogatoire : traitements en cours, troubles de la coagulation, état de la peau.
- Pose de 4 à 10 ventouses, 5 à 15 minutes, souvent sur le dos ou les épaules.
- Retrait, puis repos. Les marques apparaissent immédiatement.
Ce que dit la pratique vs ce qui est établi
✓ Ce que met en avant la pratique
Une décongestion des tissus, une meilleure circulation locale, l’évacuation des « toxines » ou du « sang stagnant », un soulagement des douleurs et une récupération sportive accélérée.
○ Ce qui est établi
Les revues systématiques portant sur les douleurs musculo-squelettiques (lombalgie, cervicalgie) retrouvent un possible soulagement à court terme, mais à partir d’essais de faible qualité, souvent sans groupe contrôle crédible. Il est impossible de faire un placebo convaincant : on voit les marques.
La part de l’effet non spécifique — attention, contact, attente, pression manuelle — est donc probablement importante. Aucune preuve n’existe pour un effet sur une maladie générale, sur l’immunité ou sur la « détoxification » : cette notion n’a pas de réalité physiologique, l’élimination étant assurée par le foie et les reins.
Précautions et limites
- Contre-indications : troubles de la coagulation, traitement anticoagulant ou antiagrégant, anémie, peau lésée, eczéma, varices, grossesse (abdomen et lombes), cancer, personne immunodéprimée.
- Brûlures : la méthode « au feu » peut en provoquer.
- Malaise et hypotension pendant la séance, surtout à jeun.
- Anémie : les ventouses humides répétées prélèvent du sang. Elles ne sont pas anodines.
- Pas un traitement : elles ne soignent aucune maladie et ne remplacent aucun suivi.
Combien ça coûte ?
Une séance se situe généralement entre 40 et 80 €. Aucune prise en charge par l’Assurance maladie. La pratique n’est pas réglementée en France et n’exige aucun diplôme, ce qui rend le choix du praticien déterminant.
Comment choisir un praticien ?
- Ventouses sèches : privilégiez un professionnel de santé ou un praticien formé (kinésithérapeute, acupuncteur).
- Hijama : exigez matériel à usage unique ouvert devant vous, gants, désinfection, élimination des déchets en conteneur adapté. Au moindre doute, renoncez.
- Il vous interroge sur vos traitements anticoagulants et vos antécédents. Sinon, partez.
- Signal d’alarme : promesse de « détox », de guérison, ou proposition de traiter une maladie grave.
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Questions fréquentes
Les marques violettes sont-elles dangereuses ?
Non. Ce sont des ecchymoses superficielles, indolores, qui s’estompent en une à deux semaines. Elles ne traduisent ni une élimination de toxines, ni la gravité d’un problème.
Les ventouses évacuent-elles les toxines ?
Non. L’élimination des déchets de l’organisme est assurée par le foie et les reins. La notion de « détoxification » par les ventouses n’a pas de fondement physiologique.
La hijama est-elle risquée ?
Elle comporte un risque infectieux réel, car elle fait saigner la peau. Du matériel réutilisé peut transmettre hépatites et VIH. Exigez un matériel à usage unique, ouvert devant vous.
Qui ne doit pas se faire poser de ventouses ?
Les personnes sous anticoagulants, présentant des troubles de la coagulation, une anémie, une peau lésée, ainsi que les femmes enceintes (sur l’abdomen et les lombes) et les personnes immunodéprimées.
Est-ce efficace contre le mal de dos ?
Des études suggèrent un soulagement à court terme, mais elles sont de faible qualité et ne permettent pas d’écarter un effet non spécifique. Ce n’est pas un traitement de la lombalgie.