Compléments alimentaires : comment s’y retrouver
Vitamines, minéraux, « boosters »… Un adulte sur cinq en consomme. Utiles parfois, superflus souvent, risqués dans certains cas. Les repères de l’ANSES pour choisir sans se tromper.
Les compléments alimentaires sont partout : en pharmacie, en supermarché, sur internet. En France, un adulte sur cinq et un enfant sur dix en consomment au moins occasionnellement (étude INCA de l’ANSES). Le marché est florissant—mais « naturel » et « en vente libre » ne signifient ni « utile » ni « sans risque ». Voici de quoi trier.
Un complément n’est pas un médicament
Par définition, un complément alimentaire vise à compléter un régime, pas à soigner. Il n’est pas soumis aux mêmes exigences de preuves qu’un médicament : on n’a pas à démontrer son efficacité pour le mettre sur le marché. D’où une grande variabilité de qualité, et des allégations parfois plus commerciales que scientifiques.
Un dispositif de vigilance
L’ANSES pilote la Nutrivigilance, qui recueille les effets indésirables. Plus de 5 000 signalements ont été enregistrés depuis 2009 (environ 1 000 par an). Les effets rapportés touchent surtout :
- le foie (environ 20 % des signalements) ;
- le système digestif (18 %) ;
- le système nerveux (12 %) ;
- le cœur et les vaisseaux (10 %).
Les compléments « minceur » figurent en tête des cas signalés.
Quand c’est vraiment utile
Il existe des situations où une supplémentation est justifiée, voire indispensable : la vitamine B12 pour les régimes végétaliens, la vitamine D chez le nourrisson ou en cas d’exposition solaire insuffisante, l’acide folique avant et en début de grossesse. Dans ces cas, c’est le professionnel de santé qui oriente.
Quand c’est superflu
En dehors de ces situations, une alimentation variée et équilibrée couvre le plus souvent les besoins—sans supplémentation. Le réflexe « je prends un complément au cas où » est rarement justifié : le « plus » n’est pas « mieux », et certaines vitamines (A, D) sont toxiques à haute dose.
Les pièges à éviter
Quelques erreurs fréquentes : cumuler plusieurs produits (risque de surdosage), en prendre toute l’année sans raison, dépasser les doses, ignorer les interactions avec un traitement, ou acheter des produits sur des sites peu fiables. Prudence particulière avec les compléments contenant des huiles essentielles.
Les bons réflexes
Demander l’avis d’un professionnel (médecin, pharmacien), surtout si l’on est enceinte, allaitante, âgé, sous traitement ou pour un enfant ; respecter les doses ; privilégier des produits de qualité ; et signaler tout effet indésirable. En cas de traitement, penser aux interactions.
Questions fréquentes
Ai-je besoin de compléments si je mange équilibré ?
Le plus souvent, non. En dehors de situations précises (B12, vitamine D, acide folique…), une alimentation variée suffit à couvrir les besoins.
Peut-on cumuler plusieurs compléments ?
C’est déconseillé sans avis : le cumul augmente le risque de surdosage et d’interactions. Mieux vaut cibler un besoin réel.
Les compléments « minceur » sont-ils sûrs ?
Ce sont ceux qui génèrent le plus de signalements à la Nutrivigilance. La prudence est de mise, et l’avis d’un professionnel recommandé.
Un complément peut-il abîmer le foie ?
Certains signalements concernent le foie. À doses inadaptées ou en cumul, le risque existe : respectez les doses et signalez tout symptôme.
Peut-on donner des compléments à un enfant ?
Uniquement sur avis médical. La vitamine D chez le nourrisson en est un exemple encadré ; en dehors, la prudence s’impose.
Sources : ANSES — Nutrivigilance · Que Choisir.

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